UN POTENTIEL BIOPSYCHOLOGIQUE

« Richard revient de l’école avec son bulletin. Il a des zéros dans chacune des matières. Sa mère dit : quelles excuses vas-tu encore me donner ? Richard de répondre : J’hésite entre l’hérédité et l’environnement familial. »
Cette petite histoire illustre fort bien le dilemme de l’intelligence innée ou acquise. On a longtemps cru que l’intelligence était innée, c’est-à-dire que, dès la naissance, la personne avait un destin fixé. « Né pour un petit pain » ou « avoir la bosse des maths » sont des expressions répandues qui expriment bien cette conception de l’intelligence humaine qui perdure encore et qui justifie la démission de bien des personnes face à un apprentissage qu’elles jugent au-delà de leurs capacités.

Ce vieux débat remonte aussi loin que dans l’antiquité grecque alors que les philosophes en débattent déjà. Piaget, quant à lui, tente dès le milieu du XXe siècle de réconcilier l’inné et l’acquis et estime que le bagage génétique définit une partie de l’être humain, mais que toute son histoire détermine l’autre partie. Les travaux d’Howard Gardner se situent dans la continuité de cet effort de réconcilier l’inné l’acquis.
L’intelligence humaine est le fruit d’un travail complexe qui comporte une dimension biologique importante. Cette dimension repose sur la génétique. Or, on sait aussi que les facteurs environnementaux peuvent influer sur les processus biologiques.
Élément important, Gardner parle d’un potentiel, car chaque personne dispose, à sa naissance, des capacités lui permettant d’exploiter les huit intelligences pleinement. Or, dans les faits, compte tenu de l’interaction de la biologie et de la psychologie, il n’y a qu’une partie du potentiel qui atteint son plein développement.


L’ASPECT BIOLOGIQUE

Chaque humain est unique et son corps, dans toutes ses composantes, est l’outil avec lequel il aura à faire votre chemin dans la vie. Cela n’est pas négligeable. Il peut être beau ou laid, grand ou petit; il peut être blanc, noir ou amérindien; il peut être porteur d’un trouble d’apprentissage, d’une maladie génétique ou d’une déficience physique. La biologie influencera son devenir. Chez plusieurs personnes l’impact de la biologie sera évident et provoquera des railleries (grandes oreilles), la marginalisation (handicap physique) voire l’exclusion (déficience). On tend, dans notre société qui prône l’égalité à nier cela, et pourtant cela existe. L’impact pourra être plus insidieux, par exemple avoir de petites mains, avoir une hérédité qui fait de vous un obèse, être affligé de la dyslexie… Il y a deux attitudes face à sa biologie, l’accepter ou la rejeter et c’est ce qui introduit le second élément de la caractérisation du potentiel.