CERVEAU ET APPRENTISSAGE


On entend souvent des personnes affirmer qu'un humain n'utilise qu'une petite partie de son cerveau. En fait, cette affirmation est à la fois vraie et fausse. Elle est vraie dans la mesure ou le cerveau est incapable d'actions conscientes simultanées. Ainsi, par exemple lire et parler en même temps. Elle est fausse si elle laisse entendre qu'une partie du cerveau est en fiche, c'est-à-dire inutilisée. Chaque humain dispose à sa naissance d'un potentiel qu'il lui incombe de développer. Ce potentiel, couvre les huit dimensions de l'intelligence humaines. Précisons dès maintenant qu'il est quasiment impossible qu'une personne développe toutes ses capacités. De manière générale trois intelligences dominent, les autres atteignant des seuils plus modestes, voire nul. Cela n'empêche pas de vivre ou de se réaliser,
L’apprentissage est un acte personnel qui s’inscrit dans un contexte social plus ou moins structuré. La situation est structurée lorsque le rapport social s’inscrit dans un lieu et un temps réservé, prescrit, convenu. Une personne ne peut apprendre sans un geste volontaire, plus ou moins conscient, de sa part. Il est social dans la mesure ou il y a habituellement une autre personne qui contribue au partage ou à la construction du savoir en cause. Un apprentissage peut se réaliser en dehors d’un espace structuré. Un apprentissage fait en autodidaxie requiert généralement une structuration associée à un rapport social afin de le formaliser. L’apprentissage d’une personne dépend d’un grand nombre de variables qui interagissent.
Le but de l’apprentissage n’est pas l’acquisition de savoirs, mais d’être en mesure d’exploiter ces savoirs dans différentes situations.

Le cerveau doit se concentrer sur une tâche exécutive à la fois. Ce faisant, il n’arrête cependant pas de collecter, particulièrement par les sens, des informations en provenance de l’environnement, ces informations étant susceptibles de modifier la tâche en cours d’exécution.

En fait, le cerveau humain exploite l’analogie systématiquement afin d’interpréter les situations. L’analogie est une comparaison. Le cerveau part de ce qu’il connaît et, en usant de l’analogie, il interprète.

Le sommeil et l’apprentissage

La durée moyenne du sommeil de la majorité des humains est de sept à huit heures. Durant le sommeil, le corps est au repos, mais le cerveau est actif. Le cycle du sommeil se subdivise en quatre phases successives. Les deux premières sont celles du sommeil lent léger, les deux suivantes sont celles du sommeil lent profond. Le cycle reprend ensuite en ordre inverse pour se terminer par une phase de sommeil paradoxal (REM pour Rapid Eye Movement). L’ensemble de ce cycle correspond à une durée de 90 à 120 minutes. Au cours d’une nuit, une personne connaît quatre ou cinq cycles.

La phase du sommeil paradoxal correspond à entre 15% et 20% de la nuit. C’est celle des rêves. C’est aussi et surtout l’étape au cours de laquelle le cerveau se recharge et qu’il travaille à la mémorisation en rejouant des situations. La durée du sommeil paradoxal est liée à la durée totale de notre nuit de sommeil. Autrement dit, plus on dort, plus on a de sommeil paradoxal. Le temps est un facteur déterminant dans la mémorisation. Plus le temps est court entre l’apprentissage et la répétition plus grande est la probabilité de mémorisation. La durée et la régularité du sommeil sont donc fondamentales afin de favoriser l’apprentissage.

Dans un apprentissage. Il est important:
- qu'un apprentissage soit associé à plusieurs stimulus ;
- que différentes zones du cerveau, liées à chacune des intelligences, sont sollicitées simultanément par des stimulus ;
- que l’action simultanée des intelligences provoque un effet certain sur l’apprentissage.

Il paraît donc nécessaire de proposer des activités qui :
- prennent appui sur les acquis pour construire de nouveaux savoirs; 
- prennent appui sur les forces de chaque personne et les adaptations (contournement) que chaque personne fait pour réaliser ses apprentissages ;
- favorisent, notamment par la répétition et les aspects émotifs, la mémorisation.

Somme toute, une bonne connaissance du fonctionnement du cerveau est susceptible de générer des apprentissages plus intéressants.