LE CERVEAU
La plasticité est l’une des deux grandes caractéristiques du cerveau. Cela signifie qu’il s’adapte. Dans l’enfance la notion de plasticité implique même une capacité de régénération alors qu’à l’âge adulte, la plasticité réfère à une capacité compensatoire, par exemple, la perte de la vue est compensée par l’ouïe qui devient plus fine exploitant les zones du cerveau qui gérait la vue.
L’autre grande caractéristique du cerveau est son individualité. À première vue, tous les cerveaux se ressemblent, mais les chercheurs vous diront qu’à l’image des empreintes digitales, ils sont tous différents tant sur le plan de la physiologie que de la signature électrique. Il est question ici de la neurodiversité. Ce concept met en évidence l’individualité du cerveau humain et tend à traiter les différences non pas comme des pathologies, mais comme des particularités à valoriser.
L’individualité ne s’explique pas seulement par la génétique. En fait, «…60% des différences entre individus peuvent être expliqués par des facteurs génétiques, les 40% restantes étant liés à des facteurs environnementaux, (…) Certaines régions, en particulier dans le cortex préfrontal (…) étaient à 80% sous l’influence génétique. »

Les hémisphères

La description de chacun des hémisphères témoigne mal de la réalité qui est plus subtile. En effet, il importe de bien comprendre que les deux collaborent étroitement, par le biais du corps calleux. Bien que pour chacune des intelligences décrites par Gardner un hémisphère prédomine, l’autre joue un rôle complémentaire dans l’expression de cette intelligence.

L'hémisphère gauche
L’hémisphère gauche est complexe et spécialisé, méthodique et rationnel, logique et analytique. Il est le siège de notre individualité, de notre conscience, de notre esprit critique. Notre rapport au monde réel, concret y est régi. Il nous distingue des autres et gère notre rapport aux autres.

L’hémisphère gauche est particulièrement doué pour reconnaître des événements sériels (des événements qui surgissent les uns après les autres) et pour contrôler des séquences comportementales.
Les fonctions sérielles exécutées par l’hémisphère gauche incluent les activités verbales comme la parole, la compréhension d’un discours, la lecture et l’écriture. Il raisonne de manière séquentielle dans l’analyse et le maniement des mots. Il s’attache aux différents composants d’une phrase, c’est-à-dire aux mots, en analysant leur sens. Il combine les lettres à tel ou tel son ou mot. Il rapproche les unités grammaticales les unes des autres afin de produire des énoncés porteurs de sens agencés en paragraphes aptes à transmettre des messages d’une complexité étonnante. Il se préoccupe de ce qui est dit (prononciation et articulation du langage). Il raconte des histoires qui aident à trouver un sens au monde.

Notre hémisphère gauche anticipe à partir de notre expérience et génère une réaction. Il associe des détails à des faits en vue d’élaborer un récit cohérent.  En fait, il produit un raisonnement déductif de type : si A est plus grand que B et B plus grand que C alors A est plus grand que C. 
Cet hémisphère perçoit des longueurs d’onde les plus courtes et enregistre les fréquences sonores les plus élevées.
Quelques mots clés propres à cet hémisphère: convention, chronologie, recherche, catégorisation, sens du détail, pense en mots, Yang, sensation, mode quantitatif et logique.

L'hémisphère droit

L’hémisphère droit passe, aux yeux des scientifiques, pour un primitif, instinctif, incontrôlable, violent, méprisable, pas même conscient de ce qu’il fait. Il est le siège de notre personnalité, de nos émotions, Il voit les choses dans leur globalité. Il est spontané, insouciant, imaginatif, voire créatif. Il fait des liens afin de former des ensembles. Il raisonne de manière holistique, reconnaît les structures, interprète les émotions et les expressions non verbales. C’est un mode de pensée intuitif, non linéaire. Pour lui, le temps n’existe pas. Il ne suit donc pas le schéma A-B-C-D-E. Son talent réside dans son aptitude à interpréter les choses de manière simultanée. Il s’intéresse à ce qui est dit sans qu’il soit exprimé. Il est habile à comprendre les métaphores.
L’hémisphère droit s’occupe de la synthèse, des expressions émotionnelles, du contexte et du tableau dans son ensemble. C ‘est ce qui nous permet, par exemple, de reconnaître les visages et d’interpréter les expressions. En fait, c’est la communication non verbale dont il se charge. Il tient compte de l’intonation, de l’expression du visage, de la posture du corps afin d’évaluer la cohérence du message.

Ce mode de fonctionnement non linéaire, intemporel, de l’hémisphère droit permet de raviver le souvenir de certains moments avec une précision troublante. Cela s’explique par des associations qui sont faites entre un événement et les émotions vécues ou suscitées.

Le cerveau droit est celui de la communication non-verbale (corporel), du comment on le dit, de la posture, de la coordination spatiale, des habiletés manuelles, du sens de l’observation, de la juxtaposition d’images.

Cet hémisphère perçoit les longueurs d’onde les plus élevées (vision estompée) ; ne s’attache pas aux contours se concentre sur l’ensemble, il enregistre les fréquences sonores les plus basses (bruit de fond)
Quelques mots clés propres à cet hémisphère: vision, écoute, orientation, création, spatial, non verbal, émotif, synthétique, instinct corporel, non conventionnel, mystique, esprit d’aventures, ici et maintenant, voit l’ensemble, pense en images, Ying, intuitif, sensibilité rythmique.

Quelques structures

hypothalamus

Impliqué dans le comportement conscient, les émotions, l’instinct et le contrôle automatique de différents systèmes dont la régulation (via des hormones) de la température, la consommation de nourriture et de liquide, les cycles d’éveil et de sommeil ; il gouverne les quatre comportements débutant par « A » : alimentation, agressivité (aller vers et non dans le sens de violence), activités sexuelles, accès à la fuite
amygdale
Traite l’information et transmet une demande aux autres régions du cerveau afin d’obtenir une réponse émotionnelle appropriée; joue un rôle déterminant dans la gestion de la mémoire émotionnelle (centre de la peur, de l’angoisse et de l’agression); centre de la mémoire implicite
hippocampe
Responsable de la proprioception (sixième sens, évaluation de la position du corps, du mouvement et de la posture), de la construction de la mémoire explicite et à la gestion des souvenirs, impliquée dans la concentration et le contrôle de l’humeur.