UN POTENTIEL À MOBILISER

La petite enfance est la période de la vie au cours de laquelle la personne connaît la phase de développement la plus importante de sa vie. Si le corps grandit à un rythme soutenu, c’est aussi vrai pour l’aspect cognitif et l’acquisition des langages. Citons un extrait d'un document produit par le Conseil canadien sur l'apprentissage.

« L’apprentissage pendant la petite enfance a une incidence sur la santé, le bien-être et l’acquisition de compétences, en plus de jeter les bases d’aptitudes à long terme en lecture, en rédaction, en mathématiques et en sciences.

« Selon une étude menée par James Heckman, lauréat du prix Nobel, les enfants qui entrent à l’école motivés et prêts à apprendre réussissent généralement mieux tout au long de leur scolarité et sur le marché du travail.

« Le rapport de 2007 qui s’intitule Deuxième étude sur la petite enfance : Mettre la science en pratique, appuie ce constat « les bases de la santé physique à l’âge adulte, des aptitudes sociales, des compétences en communication, de la capacité d’adaptation et de la littératie et de la numératie sont jetées avant l’entrée en maternelle ».

« Et malgré cela, on peut lire dans ce même rapport que le quart des enfants canadiens qui entrent à l’école sont dépourvus d’au moins une des compétences de base essentielles requises pour développer les notions de base en littératie et numératie. Bon nombre d’enfants canadiens accusent un retard dès le début de leur scolarité et voient ce retard persister. »

C'est vers trois ans que l'enfant se définit comme un être distinct. Les facteurs d'éveil continuent de jouer un rôle majeur et déterminant pour le développement des différentes intelligences. Le cerveau continue son travail de réseautage. Les apprentissages prennent une importance considérable, car ils contribuent à son développement. Les parents ou les éducateurs ont pour rôle de proposer à l’enfant une grande variété de situations susceptibles de le stimuler. Il est probable que le bambin manifeste déjà des goûts et que certaines activités le laissent indifférent. Il faut cependant persister et imaginer une variante ou proposer une nouvelle activité un peu plus tard afin d'assurer la stimulation ou l'éveil à l'intelligence choisie. En fait, si vous négligez une intelligence, il est probable que cette dernière se développe moins rapidement que les autres. À court terme, il y aura peu de conséquences. C’est l’effet cumulatif de l’absence de stimulation qui s’avérera dommageable ultérieurement. Ceci étant dit, il est quasiment impossible de réussir à offrir à l’enfant un environnement qui lui propose une croissance équilibrée de toutes ses intelligences. Il ne faut donc pas de culpabiliser.

Il faut être conscient que les intelligences se développent souvent de concert. Il est en effet très rare qu’une activité ne stimule qu’une seule et unique intelligence. Lorsque l’enfant bricole, il œuvre aussi au développement de sa motricité fine, les intelligences spatiale / visuelle et kinesthésique sont aussi en cause. Lorsqu'une personne répond aux questions d'un enfant en prenant soin de l’impliquer dans une activité de recherche, cela a un effet sur le développement de son autonomie (interpersonnelle) alors que la démarche de recherche l’introduit à l’approche scientifique (logico-mathématique).